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 Henri d'Oultremont
  Major d'Oultremont
  Comte d'Oultremont

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Description (historique/actualité/....) :

Eléments biographiques

Les Oultremont sont une famille noble de Belgique dont l'origine remonte aux premières croisades.

En 1914, le major Comte Henri (Henry) d'Oultremont (né en 1866) commandait le 2e bataillon du premier régiment de grenadiers. A Tervaete, au sud de Ramskapelle, vers le 20 octobre, il mène à la tête de ses grenadiers une contre-attaque pour repousser les Allemands au-delà de l'Yser. Les combats sont acharnés durant neuf jours et les pertes effroyables. Après cet épisode, les écluses seront ouvertes, les terres inondées et le front fixé jusqu'à la victoire de 1918.
Le Major d'Oultremont est décédé au combat le 22 octobre 1914.
Un monument en souvenir des grenadiers de ce bataillon a été érigé au bord
de l'Yser.

Témoignage : une mort héroïque
Nos vifs remerciements à Monsieur Yves d'Oultremont qui nous a transmis ces éléments passionnants sur son grand-oncle.

Le comte Henri d’Oultremont est considéré et cité souvent par l’Armée alliée comme le premier héros modèle, devenu légendaire pour tous les combattants de la Grande guerre. C’est surtout grâce au dialogue historique qu’il eut avec son colonel juste avant la charge :
- « Major, vous êtes chargé de prendre la butte de Tervaete avec vos
grenadiers.
- Bien colonel ! Mais vous savez que trois assauts ont déjà été donnés sans
succès par l’infanterie contre cette ligne trop bien défendue par des
mitrailleuses. Ce serait un massacre.
- Dites donc, d’Oultremont, vous auriez peur ?
- Je ne pensais pas à moi, mon colonel, mais à mes hommes qui seront
sacrifiés, car je sais qu’ils me suivront. Mon colonel, maintenez-vous cet
ordre?
- Un ordre est un ordre, major! Même si vous avez peur de mourir. »
La réponse extraordinaire du Major fut instantanée :
- « Colonel, vous allez voir comment meurt un d’Oultremont. Voici mon revolver, il me sera inutile. »

Il déposa son arme sur la table du colonel et prit son bâton pour haranguer ses hommes et les mener au combat. Tous l’ont suivi alors qu’il marchait vers l’ennemi. Touché au genou, il fit l’effort de se relever pour continuer de mener son bataillon qui l’admirait, car il savait que ses hommes ne trouveraient plus le courage de charger sans lui.
Un deuxième coup aux jambes le fit fléchir mais il continua en agitant son bâton au-dessus de lui pour stimuler ses troupes. Deux grenadiers vinrent pour le protéger au risque de se faire tuer pour lui. L’un fut abattu et aussitôt remplacé par deux autres, au mépris de la mort. Mais une balle au crâne stoppa son dernier élan de bravoure. Plusieurs perdirent la vie pour tenter de ramener leur chef tant aimé à l’arrière. Après les combats, en soirée, on lui rendit les honneurs et on trouva dans sa poche la lettre qu’il avait adressée à sa mère : « Un homme d’honneur, un chrétien doit faire son devoir, tout son devoir, ne jamais manquer à son devoir. »

(Témoignages écrits et envoyés à ses parents par ses derniers compagnons du bataillon décimé).

Hommage

Le commune d'Etterbeek lui a dédié la Rue d'Oultremont qui, très significativement, démarre Avenue de l'Yser.